Entrer en carême est une invitation, une démarche libre pour rejoindre le Seigneur sur son chemin vers Pâques. C’est un chemin de conversion et de renoncement pour approfondir ce à quoi nous sommes appelés, pour approfondir notre compréhension du mystère pascal.

Depuis le 13 février, nous sommes en carême, ce temps de cheminement qui nous prépare à entrer dans le mystère de la mort et de la résurrection de Jésus.

Entrer en carême, ce n’est ni une obligation ni une fin en soi. C’est un temps librement choisi, une disposition du cœur et de l’âme pour mieux appréhender un mystère qui nous dépasse. « Faire carême », c’est entamer un chemin avec Jésus durant lequel nous avançons avec lui vers sa mort mais surtout vers sa résurrection. Ce cheminement ne nous laisse pas indifférent. Nous sommes invités à faire face à nos peurs, nos doutes, nos interrogations, toutes ces fragilités qui font notre quotidien et notre condition d’homme mais qui peuvent également nous rendre plus réceptifs à l’amour de Dieu.

C’est au cœur de ce carême 2013 que se vivent des moments forts pour notre synode : c’est le temps des propositions d’orientations pastorales et de l’élaboration d’actions concrètes. Le travail sur les actions concrètes, lui, se poursuivra durant tout le temps de Pâques jusqu’à la quatrième session de l’assemblée le 18 mai 2013.

Durant le carême, nous sommes invités à une double démarche : la conversion et le renoncement, plus connu sous le nom de « jeûne  ». Il nous semble, dès lors, évident que notre synode vit aussi un carême 2013 dans cette double démarche de conversion et de renoncement.

Nous sommes donc appelés à convertir notre regard sur le travail qui a été fait depuis le début du synode : des célébrations de lancement aux différentes sessions de l’assemblée, en passant par le travail des équipes synodales et la célébration d’ouverture. Durant le carême, nous posons un regard nouveau sur ces étapes pour relire ce que l’Esprit Saint nous a dit à travers nos frères et sœurs. Ce regard est aussi un regard d’humilité : nous ne défendons pas nos idées, nous ne poussons pas notre agenda personnel mais nous cherchons ensemble, dans un discernement commun, ce dont notre diocèse a besoin.  Et donc, nous acceptons que nous ne détenons pas seuls la vérité mais que c’est ensemble que nous découvrons la volonté de Dieu. La conversion à laquelle nous sommes appelés durant le synode est une réelle ouverture aux autres grâce à laquelle nous pouvons poser, les uns sur les autres, le regard de Dieu : « Quels que soient ta provenance, ta spiritualité, ton cheminement, je te respecte dans ce que tu es et dans ce que tu proposes ». Ce n’est pas facile mais l’Esprit Saint, qui anime le synode, nous apprend ce regard qui témoigne de l’amour de Dieu. C’est dans le silence et la prière que l’Esprit agit dans le cœur de chacun des membres de l’assemblée pour convertir son regard et son cœur et permettre l’écoute de l’autre dans le respect et la confiance.

Le carême nous invite également au renoncement. Quand nous regardons ce que nous faisons et les raisons pour lesquelles un synode est célébré dans notre diocèse, nous réalisons que tout n’est pas possible. Des choix doivent s’opérer, des renoncements doivent être proposés. L’un ne va pas sans l’autre. Durant ce carême 2013, alors que nous sommes au désert avec Jésus, nous sommes peut-être invités à renoncer à ce à quoi nous tenons le plus dans nos unités pastorales ou nos secteurs pastoraux pour permettre à un avenir de s’ouvrir. Comme le dit Victor Hugo dans l’ouvrage posthume Post-scriptum de ma vie,  « Il est plus facile de renoncer à l'avenir qu'au passé. » Si nous voulons préserver l’avenir de notre diocèse, n’hypothéquons pas nos chances en n’opérant pas les choix qui s’imposeraient à nous. Encore une fois, ce n’est pas facile mais nos renoncements doivent être des  avancées pour notre diocèse, respectueuses des personnes, de la foi et de la communion de l’Eglise.  Il s’agit de faire silence en nous pour laisser Dieu nous parler au travers de l’assemblée synodale. Les renoncements doivent se faire dans la confiance que l’Esprit Saint nous accompagnera dans tout le processus de transition de « l’ancien vers le nouveau. » C’est au travers des renoncements qui seront proposés que l’on verra le dynamisme de notre diocèse et sa capacité à préparer l’avenir de l’Eglise qui est à Tournai. Car si nous voulons des avancées dynamiques et audacieuses, il nous faut faire de la place et accepter que « Personne non plus ne met du vin nouveau dans des outres vieilles ; autrement le vin ferra éclater les outres, et le vin est perdu, aussi bien que les outres. Mais du vin nouveau dans des outres neuves ! » (Mc 2,22).

Voilà donc les défis auxquels nous sommes confrontés durant ce carême 2013, convertir notre regard sur le travail déjà réalisé depuis le début du synode et renoncer pour garantir un « plus » pour l’avenir du diocèse.

Bon carême à tous !