Homélie mystagogique de la vigile de Pentecôte 2012, en la Cathédrale de Tournai. (Publiée dans Église de Tournai, juillet-août 2012). Le titre est tiré de la prière de la vigile de Pentecôte 2012.

Devenir chrétien suppose un itinéraire qui comprend plusieurs aspects importants de la vie. Parmi ceux-ci figure, à une place particulière, l’expérience de Dieu. La vigile de Pentecôte nous permet de situer cette expérience dans la tradition chrétienne, elle-même enracinée dans la tradition juive.

Expérience de Dieu dans la première alliance (Exode 19, 1. 3-8a. 16-20)

Souvenons-nous de l’épisode du livre de l’Exode qui raconte l’expérience de Moïse. Après avoir fui l’Egypte et s’être installé au désert de Madiân, Moïse, âgé de quatre-vingt ans, fait paître le troupeau de son beau-père Jéthro. Il mène le troupeau au-delà du désert et parvient à la montagne de l’Horeb. L’ange du Seigneur apparut (à Moïse) dans une flamme de feu, du milieu du buisson. Il regarda : le buisson était en feu et le buisson n’était pas dévoré (Exode 3, 2). Il fait un détour pour voir pourquoi le buisson ne brûle pas. Arrivé près du buisson, Moïse est appelé par Dieu, qui lui dit : Je suis le Dieu de ton père, Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob (Exode 3, 6). Dieu a vu la misère de son peuple en Egypte. Il descend pour le délivrer de la main des Egyptiens. Dieu envoie Moïse vers le Pharaon, afin de faire sortir son peuple, les fils d’Israël. Moïse dit : Qui suis-je pour aller vers le Pharaon et faire sortir d’Egypte les fils d’Israël ? JE SUIS avec toi, dit Dieu. Et voici le signe que c’est moi qui t’ai envoyé : quand tu auras fait sortir le peuple d’Egypte, vous servirez Dieu sur cette montagne (Exode 3, 11-12). Moïse répond qu’il va aller vers les fils d’Israël, en annonçant que le Dieu de leurs pères l’envoie vers eux. S’ils me disent : Quel est son nom ? Que leur dirai-je ? Dieu dit à Moïse : JE SUIS QUI JE SERAI. Il dit : Tu parleras ainsi aux fils d’Israël : JE SUIS m’a envoyé vers vous  (Exode 3, 13-14).

Finalement, Moïse accepte la mission que Dieu lui confie. Nous savons combien le cœur du Pharaon s’est obstiné face aux demandes de Moïse de laisser partir les Hébreux. Au terme d’une période qui voit se succéder les plaies d’Egypte destinées à faire changer d’avis le cœur du Pharaon, les Hébreux traversent la mer à pied sec. Le troisième mois après leur sortie du pays d’Egypte (…), les fils d’Israël arrivèrent au désert du Sinaï (…). Le Seigneur appela (Moïse) de la montagne en disant : Tu diras ceci à la maison de Jacob et tu transmettras cet enseignement aux fils d’Israël : Vous avez vu vous-mêmes ce que j’ai fait à l’Egypte, comment je vous ai portés sur des ailes d’aigle et vous ai fait arriver jusqu’à moi. Et maintenant, si vous entendez ma voix et gardez mon alliance, vous serez ma part personnelle parmi tous les peuples (…) et vous serez pour moi un royaume de prêtres et une nation sainte (Exode 19, 1-6). Le peuple accepte de mettre en pratique tout ce que le Seigneur a dit.

Dieu dit alors à Moïse qu’il va arriver jusqu’à lui dans l’épaisseur de la nuée, afin que le peuple entende quand il parlera avec Moïse. Trois jours plus tard le Seigneur descend sur le mont Sinaï aux yeux de tout le peuple. Seul Moïse monte auprès de Dieu et descend avec le Décalogue.

L’expérience de Dieu que fait Moïse va aller en s’approfondissant tout au long de la tradition juive, si bien qu’à un certain moment on dira que le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob est le seul Dieu, le créateur de l’univers.

Expérience de Dieu dans la nouvelle alliance scellées dans le sang de Jésus (Tite 3, 4-7)

En rappelant le dessein de Dieu manifesté dans le Christ, la Lettre à Tite dit : Lorsque se sont manifestés la bonté de Dieu notre Sauveur et son amour pour tous les hommes, il nous a sauvés non en vertu d’œuvres que nous aurions accomplies nous-mêmes dans la justice, mais en vertu de sa miséricorde, par le bain de la nouvelle naissance et de la rénovation que produit l’Esprit Saint. Cet Esprit, il l’a répandu sur nous avec abondance par Jésus Christ notre Sauveur, afin que, justifiés par sa grâce, nous devenions, selon l’espérance, héritiers de la vie éternelle (Tite 3, 4-7).

L’apôtre Paul évoque le salut de Dieu en vertu de sa miséricorde, par le baptême d’eau (nouvelle naissance) et par  l’Esprit Saint (rénovation). Ensuite, Paul parle de l’Esprit que le Père a répandu sur nous par le Christ Sauveur. Paul désigne l’expérience de Dieu des disciples du Christ, l’expérience du Dieu trinitaire : Cet Esprit, (Dieu) l’a répandu sur nous avec abondance par Jésus Christ notre Sauveur (Tite 3, 6).

L’Esprit répandu sur toute chair (Joël 3, 1-5)

Dans la tradition chrétienne, l’Esprit n’est pas réservé à quelques-uns. Ainsi, le jour de la Pentecôte, l’apôtre Pierre s’adresse à tous ceux qui sont étonnés d’entendre annoncer dans sa langue maternelle les merveilles de Dieu (Actes 2, 14-21) : Hommes de Judée, et vous tous qui résidez à Jérusalem (Parthes, Mèdes et Elamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, du Pont et de l’Asie, de la Phrygie et de la Pamphylie, de l’Egypte et de la Libye cyrénaïque, de Rome, Juifs et prosélytes, Crétois et Arabes), comprenez bien ce qui se passe et prêtez l’oreille à mes paroles. Non, ces gens n’ont pas bu comme vous le supposez : nous ne sommes en effet qu’à neuf heures du matin ; mais ici se réalise la prophétie de Joël : Alors, dans les derniers jours, dit Dieu, je répandrai de mon Esprit sur toute chair, vos fils et vos filles seront prophètes, vos jeunes gens auront des visions, vos vieillards auront des songes ; oui, sur mes serviteurs et sur mes servantes, en ces jours-là je répandrai de mon Esprit (Joël 3, 1-2) et ils seront prophètes (Nombres 11, 29) (…). Alors quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé (Joël 3, 5).

L’effusion de l’Esprit sur toute chair, le prophète Joël l’a annoncée pour les temps eschatologiques, dont la résurrection de Jésus manifeste le commencement. Pierre a raison de dire qu’avec la résurrection de Jésus, la promesse de Joël s’accomplit. L’Esprit est répandu sur toute créature. En citant le livre des Nombres, Pierre dit que tous deviennent prophètes, tous ceux qui reçoivent l’Esprit vont parler au nom de Dieu, transmettre la Parole de Dieu.

La citation de Joël se termine par l’invocation du nom du Seigneur : Quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. Le don de l’Esprit pousse ceux qui l’ont reçu à invoquer le nom du Seigneur.

Toute la terre, Seigneur, est remplie de ton amour (Psaume 103)

Le répons du Psaume 103 contemple l’œuvre du Dieu créateur : Quelle profusion dans tes œuvres, Seigneur ! Tout cela, ta sagesse l’a fait ; la terre s’emplit de tes biens (Psaume 103, 24). Il évoque également le souffle de Dieu : Tu caches ton visage : ils s’épouvantent ; tu reprends leur souffle, ils expirent et retournent à leur poussière. Tu envoies ton souffle : ils sont créés ; tu renouvelles la face de la terre (Psaume 103, 29-30).

Lorsque nous discernons le dessein de Dieu, nous découvrons que la terre est remplie de son amour et nous sommes prêts à accueillir l’Esprit qui renouvelle la face de la terre. Nous entrons dans une création nouvelle.

L’Esprit de Dieu est capable de donner la vie, même à des ossements desséchés (Ezéchiel 37, 1-14)

Nous pensons parfois que l’Esprit de Dieu est un souffle fragile, qui a peu d’impact sur notre existence. Et pourtant, lorsque nous lisons le prophète Ezéchiel, c’est tout autre chose que nous apprenons.

Le prêtre Ezéchiel, qui exerce son service au Temple de Jérusalem, vit une époque troublée (593 avant Jésus-Christ). Après le siège de Jérusalem par Nabuchodonosor et la reddition de la ville (598-597), il est emmené  avec bien d’autres en déportation à Babylone. En 587, il apprend que Jérusalem est prise, incendiée, détruite. Le Temple n’existe plus. Autant dire que le peuple qui a reçu l’alliance de Dieu est mort. Vient alors une réflexion sur les causes du désastre. Avec les autres exilés, il partage cette conviction : Nos révoltes et nos péchés sont sur nous ; nous pourrissons à cause d’eux ; comment pourrons-nous vivre ? (Ezéchiel 33, 10). Nos ossements sont desséchés ; notre espérance a disparu, nous sommes en pièces (Ezéchiel 37, 11).

C’est dans ce cadre que nous avons une vision d’Ezéchiel : La main du Seigneur fut sur moi ; il me fit sortir par l’esprit du Seigneur et me déposa au milieu de la vallée : elle était pleine d’ossements. Il me fit circuler parmi eux en tout sens ; ils étaient extrêmement nombreux à la surface de la vallée, ils étaient tout à fait desséchés. Il me dit : Fils d’homme, ces ossements peuvent-ils revivre ? (Ezéchiel 37, 1-3).

Dieu demande à Ezéchiel de prononcer un oracle : Ainsi parle le Seigneur Dieu à ces ossements : Je vais faire venir en vous un souffle pour que vous viviez (Ezéchiel 37, 5). De fait les ossements se rapprochent les uns des autres. Voici qu’il y avait sur eux des nerfs, de la chair croissait et il y étendit de la peau par-dessus ; mais il n’y avait pas de souffle en eux (Ezéchiel 37, 8). Le prophète prononce un nouvel oracle : Ainsi parle le Seigneur Dieu : Souffle, viens des quatre points cardinaux, souffle sur ces morts et ils vivront. Je prononçai l’oracle comme j’en avais reçu l’ordre, le souffle entra en eux et ils vécurent ; ils se tinrent debout : c’était une immense armée (Ezéchiel 37, 9-10).

Le Seigneur donne le sens de ce qui vient de se produire : Ces ossements, c’est toute la maison d’Israël. Ils disent : Nos ossements sont desséchés, notre espérance a disparu, nous sommes en pièces. C’est pourquoi, prononce un oracle et dis-leur : Ainsi parle le Seigneur Dieu : je vais ouvrir vos tombeaux ; je vous ferai remonter de vos tombeaux, ô mon peuple, je vous ramènerai sur le sol d’Israël. Vous connaîtrez que je suis le Seigneur quand j’ouvrirai vos tombeaux, et que je vous ferai remonter de vos tombeaux, ô mon peuple. Je mettrai mon souffle en vous pour que vous viviez ; je vous établirai sur votre sol ; alors vous connaîtrez que c’est moi le Seigneur qui parle et accomplis (Ezéchiel 37, 11-14).

L’Esprit, le Souffle est capable de donner la vie, même à des ossements desséchés. Dieu va ouvrir les tombeaux. Il va faire sortir ceux qui sont morts. Il va ramener son peuple sur le sol d’Israël. Nous faisons parfois l’expérience d’être abandonnés par Dieu, ou morts en raison de la gravité de nos péchés. Le Souffle, l’Esprit est capable de nous faire revivre et de nous montrer combien Dieu nous est proche.

L’Esprit vient au secours de notre faiblesse (Romains 8, 22-27)

Tout en croyant que le mystère pascal du Christ nous fait renaître et nous fait entrer dans la création nouvelle, nous voyons, en même temps, que le monde dans lequel nous vivons est blessé par le mal. Nous-mêmes, nous sommes encore faibles, parfois bien pauvres quand nous désirons répondre à l’appel à la prière. Nous avons parfois l’impression que nous sommes encore fort éloignés de la communion avec Dieu.

Dans la Lettre aux Romains, l’apôtre Paul écrit : Nous le savons bien, la création tout entière crie sa souffrance, elle passe par les douleurs d’un enfantement qui dure encore. Et elle n’est pas seule. Nous aussi, nous crions en nous-mêmes notre souffrance ; nous avons commencé par recevoir le Saint-Esprit, mais nous attendons notre adoption et la délivrance de notre corps (Romains 8, 22-23). Savoir tout cela ne doit pas aboutir à une sorte de fatalité. Car nous avons été sauvés, mais c’est en espérance ; voir ce qu’on espère, ce n’est plus espérer : ce que l’on voit, comment peut-on l’espérer encore ? Mais nous, qui espérons ce que nous ne voyons pas, nous l’attendons avec persévérance. Bien plus, l’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons pas prier comme il faut. L’Esprit lui-même intervient pour nous par des cris inexprimables. Et Dieu, qui voit le fond des cœurs, connaît les intentions de l’Esprit : il sait qu’en intervenant pour les fidèles, l’Esprit veut ce que Dieu veut (Romains 8, 24-27).

La nouvelle naissance correspond à un enfantement dans la douleur. En même temps, la foi en Dieu nous permet de voir des signes de la nouvelle création et de nourrir notre espérance, même si nous ne voyons pas encore le monde nouveau en pleine lumière. Nous avons commencé par recevoir l’Esprit qui, dans cette espérance, vient au secours de notre faiblesse. Il nous aide à prier, lui qui fait de vous des fils adoptifs et par lequel nous crions : Abba, Père. Cet Esprit lui-même atteste à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. Enfants, et donc héritiers : héritiers de Dieu, cohéritiers du Christ, puisque, ayant part à ses souffrances, nous aurons part aussi à sa gloire (Romains 8, 15-17). Ceci se retrouve dans une autre lettre de Paul : Fils, vous l’êtes bien : Dieu a envoyé dans nos cœurs l’Esprit de son Fils, qui crie : Abba – Père. Tu n’es donc plus esclave, mais fils ; et, comme fils, tu es aussi l’héritier : c’est l’œuvre de Dieu (Galates 4, 6-7).

Des fleuves d’eau vive jailliront de son cœur (Jean 7, 37-39)

Jésus parle le dernier jour de la fête des Tentes, qui dure huit jours, à la saison des vendanges, à Jérusalem. On y évoque l’action salvifique de Dieu, au cours de l’Exode, tout en remerciant pour les récoltes de l’année. Cette fête annonce également les bénédictions des temps messianiques. Jésus, debout dans le temple de Jérusalem, s’écria : Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive, celui qui croit en moi ! Comme dit l’Ecriture : Des fleuves d’eau vive jailliront de son cœur. En disant cela, il parlait de l’Esprit Saint, l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en Jésus. En effet, l’Esprit Saint n’avait pas encore été donné, parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié par le Père (Jean 7, 37-39).

Pour l’évangéliste Jean, la glorification de Jésus correspond à son élévation en Croix et à sa résurrection. La tradition de l’Eglise a vu dans le coup de lance frappé au côté de Jésus, dont il sortit de l’eau et du sang (Jean 19, 34), un signe du don de l’Esprit. En effet, l’évangéliste fait des liens entre l’eau et l’Esprit en 4, 14 (Dans l’entretien avec la Samaritaine, Jésus dit : Celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; au contraire, l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source jaillissant en vie éternelle) et dans le texte mentionné plus haut (Jean 7, 37-39).

De plus, le Ressuscité souffle sur ses disciples. Le soir de ce même jour, qui était le premier de la semaine, alors que, par crainte des autorités juives, les portes de la maison où se trouvaient les disciples étaient verrouillées, Jésus vint, il se tint au milieu d’eux et il leur dit : La paix soit avec vous. Tout en parlant, il leur montra ses mains et son côté. En voyant le Seigneur, les disciples furent tout à la joie. Alors, à nouveau, Jésus leur dit : La paix soit avec vous. Comme le Père m’a envoyé, à mon tour je vous envoie. Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et leur dit : Recevez l’Esprit Saint ; ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis. Ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus (Jean 20, 19-23).

La glorification de Jésus, son élévation en gloire inaugure le don de l’Esprit pour ceux qui croient en lui, Jésus. Nous-mêmes, nous recevons l’Esprit soufflé par Jésus. Le Ressuscité nous fait participer, de manière mystérieuse, à sa propre mission, d’envoyé du Père. Nous prolongeons, en quelque sorte la mission de Jésus.

L’Esprit configure au Christ

L’Esprit Saint agit de manière particulière dans les sacrements de baptême et de confirmation. Comme le dit la tradition de l’Eglise, l’Esprit, par son action dans ces sacrements, configure au Christ. Celui qui les reçoit participe au sacerdoce du Christ. Uni au Christ, le disciple du Christ fait de sa vie une offrande au Père. Le rédacteur de la Lettre aux Hébreux souligne la différence entre les sacrifices de la première alliance et le sacrifice du Christ sur la Croix : Si le sang des boucs et de taureaux et si la cendre de génisse répandue sur les êtres souillés les sanctifient en purifiant leur corps, combien plus le sang du Christ, qui, par l’esprit éternel, s’est offert lui-même à Dieu comme une victime sans tache, purifiera-t-il notre conscience des œuvres mortes pour servir le Dieu vivant (Hébreux 8, 13-14).

Il en va de même pour nous. C’est par le don de l’Esprit Saint que nous pouvons nous offrir à Dieu. Que l’Esprit Saint fasse de nous une éternelle offrande à ta gloire (Prière eucharistique III).

Le sacrement de l’ordre, lui aussi, configure au Christ. Pour ne prendre que l’ordination d’un prêtre, regardons ce que dit la prière d’ordination : Mais, en ces temps qui sont les derniers, Père très saint, tu as envoyé dans le monde ton Fils Jésus, l’Apôtre et le Grand Prêtre que notre foi confesse. Par l’Esprit Saint, il s’est offert lui-même à toi comme une victime sans tache ; il a fait participer à sa mission ses Apôtres consacrés dans la vérité, et tu leur as donné des compagnons pour que l’œuvre du salut soit annoncée et accomplie dans le monde entier (…). Nous t’en prions, Père tout-puissant, donne à ton serviteur que voici d’entrer dans l’ordre des prêtres ; Répands une nouvelle fois au plus profond de lui-même l’Esprit de sainteté (Prière d’ordination d’un seul prêtre).

L’apôtre Paul envisage son ministère auprès des païens avec le même souci de faire une offrande à Dieu : Pour raviver vos souvenirs, je vous ai écrit avec une certaine hardiesse, en vertu de la grâce que Dieu m’a donnée d’être un officiant (liturge) de Jésus Christ auprès des païens, consacré au ministère de l’Evangile de Dieu, afin que les païens deviennent une offrande qui, sanctifiée par l’Esprit Saint, soit agréable à Dieu (Romains 15, 15-16).

Confirmation des adultes

Cinq baptisés, dont le sacrement a été conféré quand ils étaient tout-petits, vont recevoir ce soir le sacrement de confirmation. Leur itinéraire à la suite du Christ est marqué par l’accueil du don de l’Esprit dans la célébration de la confirmation. L’Esprit fait souvenir de tout ce que Jésus a dit ; l’Esprit, dont le fruit est l’amour, fait des dons à mettre au service des autres ; l’Esprit fait de nous des membres du Corps du Christ, qui est l’Eglise ; l’Esprit est notre avocat, le Paraclet, lorsque nous témoignons du Christ dans un climat de dérision de la foi chrétienne ; l’Esprit est la force qui nous permet de témoigner du Christ ; l’Esprit prie en nous : il nous rappelle sans cesse que Dieu est notre Père et que, par conséquent, unis au Fils Unique, nous sommes des fils adoptifs.

Geste des néophytes

Ce soir, les adolescents et les adultes qui ont reçu à la veillée pascale de 2012 les sacrements de l’initiation chrétienne (baptême, confirmation, eucharistie) vont déposer l’écharpe blanche qui signifie qu’ils sont devenus de nouveaux chrétiens, des néophytes. Je les félicite pour le chemin parcouru depuis un ou deux ans. Durant le temps pascal, ils ont découvert qu’ils entraient dans un peuple immense que nul ne peut dénombrer (Apocalypse 7, 9). Appelés à annoncer le Christ à toutes les nations, je leur rappelle qu’ils ne peuvent pas oublier qu’ils sont membres du Corps du Christ et, qu’à ce titre, ils sont invités chaque dimanche à participer à l’eucharistie. En remettant à l’évêque l’écharpe blanche, signe de leur appartenance au Christ, qu’ils puissent devenir chacun un autre Christ, qui fait de sa vie une offrande au Père.

Synode diocésain

Je remercie les membres des équipes synodales qui, depuis le mois de février 2012, ont entrepris un travail de discernement à propos des questions posées par l’évêque. Ce travail ne s’arrêtera pas avec le mois de juin 2012. C’est tout au long de la célébration du synode diocésain que tous les catholiques du Hainaut sont appelés à prier l’Esprit Saint afin que les membres de l’assemblée synodale discernent, après avoir étudié et cherché à la lumière de l’Esprit, ce que Dieu propose pour témoigner de son Fils pour tous aient la vie, la vie en abondance.

 

+ Guy Harpigny,
Evêque de Tournai